•  I- Le contexte

     1. La montée des idéaux politiques

     La bande à Bader (Faction Armée Révolutionaire)On peut faire débuter la naissance des unités antiterroristes à la suite des événements de Mai 1968. Alors vous allez me dire, qu'en tant que militaire, ce n'est pas étonnant ! Mais vous allez comprendre mon raisonnement.

     Mai 1968, c'est la volonté des peuples (il n'y a pas eu qu'en France que les choses ont bougé) de créer un autre modèle de société permettant plus d'espace de liberté, d'épanouissement et de choix individuels pour soi, sa famille, ses enfants, son avenir.

     Les pensées s'émancipent, tentent, testent, créent des courants, des modèles. Le peuple veut être maître de son destin, le marxisme apparaît comme la panacée, toute institution qui empêche ce mouvement d'émancipation, de liberté, est honnis (Les politiques, la police, l'éducation, l'église...). On en arrive à se demander si l'anarchie ne serait pas le meilleur des systèmes sociétales !

     Dans ce bouillonnement de pensées, menés par les élites intellectuelles, les médias qui prennent de plus en plus de place au sein même de la famille, tous les soirs (Démocratisation des technologies, télévisions, radios, journaux) et le monde politique que cherche à surfer sur cette vague afin de garder encore la tête hors de l'eau, apparaît le concept de la résistance à tout ce qui peut apparaître comme de l'oppression.

    Et comme sur un mot on peut y mettre pleins d'idées générales ou personnelles, l'oppression peut être montrée du doigt au travers des institutions, des courants de pensées, des opinions de personnalité ayant accès au pouvoir, et en général, tout ce qui impose des obligations (Les lois, les règlements, la morale,) et donc les institutions qui vont avec.

     

    Jacques Mesrine Le Banditisme, ainsi montré comme « la résistance à la société conservatrice et totalitaire » (Avocat de MESRINE lors d'un des nombreux procès de ce monsieur qui ira même jusqu'à faire le parallèle avec Jean Moulin), apparaît de plus en plus comme un exutoire de nos utopies.

    On envie même ces hommes ou ces femmes qui eux, ont eu le « courage », d'agir. Lorsque la police se « casse » les dents sur un ennemi déclaré après une suite de braquage, le lambda, en lisant son journal, intérieurement, jubile de voir l'état être enfin mis en échec.

     Pour l'instant nous ne sommes que dans l'esprit du banditisme qui touche le politique.

     Mais lorsque cet esprit devient réalité sur le terrain, là, le mélange devient détonnant et va embraser l'Europe et le monde, durablement avec l’apothéose de cette corrélation en 2001 et les attentats du 11 septembre par le groupe terroriste El Quaïda.

     

     2. Le corrélation entre mouvements politiques et grand banditisme

     Mais en 1970, nous n'en sommes qu'au balbutiement de cette imbrication du banditisme et du politique.

     Ces années là, les mouvements politiques revendicatifs se développent et ont un grand besoin de financement.

     Le milieu du grand banditisme possède l'expérience et les réseaux. Les uns vont trouver une justification de leurs actes au nom de la liberté des peuples, les autres vont obtenir des appuis logistiques jusque là inexistant.

     Les forces de l'ordre n'ont plus un ennemi public numéro un mais en plus, ils vont devoir se frotter à des organisations qui permettent la protection, l'extraction, l'approvisionnement en moyens du petit « gangster » qui lui approvisionne en finance l'organisation terroriste.

     Tout cela est mélangé et opaque au yeux de la masse populaire, des médias, de la population, des élites intellectuelles et du monde politique qui se sert parfois de ces groupes pour appuyer des décisions politiques sécuritaires ou faire peur aux opposants gauchistes (Italie, France, Belgique, Allemagne, manipulation des services secrets).

     En 1970, ces questions se posent mais contrairement à aujourd'hui, les institutions vont faire la découverte de ce constat au fur et à mesure des affrontements, le tout, encadré et même parfois orchestré, bien malgré eux, par les médias.

     Le banditisme va trouver avantage à flirter avec les mouvements révolutionnaires de tous poils, et ceux-ci vont y trouver la possibilité enfin, d'obtenir la garantie financière qui leur manquait jusque là.

     Il faut maintenant un peu de « terreau » afin que la mauvaises herbes poussent !

     

    II- L'immobilisme ambiant

     Les relents historiques qui bloquent

     Mettre en avant des unités antiterroriste, c'est donner des pouvoirs de répressions à une institution policière. Or, en Europe, le pouvoir entre les mains de la police renvoi à des images qui heurtent.

    En Italie, le pouvoir fasciste s'est appuyé sur un pouvoir policier fort. En Allemagne, la Gestapo est dans toutes les pensées et en France les GMR avec les lois antiterroristes de Vichy sont encore dans toutes les mémoires. Ne dit-on pas, pendant Mai 1968 « CRS, SS ! ».

     D'ailleurs en 1970, devant la montée en puissance des Brigades Rouges qui assassinent des gens au pouvoir, une unité antiterroriste est mis sur pied en Sardaigne.

    Les journalistes s'emparent de l'affaire, l'opinion publique s'indigne, les intellectuels parlent du retour des chemises noires et les politiques vont reculer. L'unité sera dissoute avant d'avoir pratiquement existé.

     L'opinion publique n'est pas encore prête à abandonner certains réflexes vis à vis d'une police forte, dont elle a eu, il faut le souligner, à en subir le zèle et les abus.

     Alors dans ce contexte, le banditisme qui va utiliser le levier des réseaux terroristes, va se retrouver face à une police rapidement dépassée, parfois même désarmée, et assez rarement soutenue dans son action.

     

    III- L'inadaptation des moyens

     1. Les unités en premières lignes

    Commissaire Broussard En France, une unité va voir le jour dans les années 1970. La BRI de Broussart et Leclerc, les anti-Gang de la Police française. Leurs actions sont médiatisées, leurs réussites indéniables. Cette unité d'élite met à mal le milieu du banditisme. Leurs patrons sont des hommes qui emploient des méthodes révolutionnaires pour l'époque (filature, infiltration du milieu, utilisation de « Cousins », écoutes téléphoniques....).

     Mais assez rapidement, ils se heurtent à des informations qui leur laisse penser que des ramifications se font avec des organisations para-militaires. Et là, la poursuite devient compliquée (paperasse administrative, ramification internationale...) et les moyens à mettre en œuvre dépassent ce que la BRI peut faire.

     Il va falloir franchir un cap.

     1. L'organisation

     Le renseignement est de plus passablement cloisonné en France, à cette époque. Le SDECE (service de documentations extérieures et de contre espionnage) les services secrets, sont militaires et ont des informations concernant les groupes terroristes qui se mettent en placent (OLP, Groupe Septembre Noir, Brigade Rouge....). Mais le "militaire" ne se mélange pas avec le "civil".

     La police ne fonctionne essentiellement qu'avec la DST (Défense et surveillance du Territoire), le "service secret" « intérieur » qui lui est civil donc, près de la police. Il y a également les RG, Renseignements Généraux qui gèrent plus les renseignements d'ordre politique intérieure.

     Drogue et banditisme -1970-Le banditisme étant en train de s'interconnecter avec les milieux terroristes, les renseignements émanant du SDECE et de la DST, ne se rejoignent que difficilement et ne peuvent servir efficacement les unités, sur le terrain.

     De ce fait, il y a une faiblesse dans la cuirasse dans laquelle les activistes et gangsters affiliés s'empressent de s'engouffrer.

     La BRI voit ainsi son champ d'action s'arrêter au niveau des bras de la « pieuvre », lorsqu'il faudrait aller frapper « la tête ». Ou bien, la BRI se rend compte qu'elle a la « Tête » mais comme elle n'a pas les moyens de frapper (réseaux étrangers, incapacité dans les moyens, difficultés juridiques diverses), elle ne peut que se rabattre sur les bras et ne revient finalement parfois qu'avec des bribes, des seconds couteaux.

     Tout cela, je l'écris sous le trait de l'humour mais, dans les années 1970, l'état français, la police française, les policiers des unités d'élites sont totalement conscients qu'ils sont de plus en plus démunis face à cette criminalité qui se durcit de jour en jour. Ils ressentent également l'animosité de l'opinion publique à leur encontre et travailler dans ces conditions avec les formidables résultats qu'on pu obtenir les anti-gang de Broussard et Leclerc relève de l'exceptionnelle valeur de ses hommes.

     IV- La Riposte

     1. Le déclencheur

    Yasser Arafat - Leader terroriste Palestinien 07 septembre 1972 – Les jeux olympiques de Munich. Depuis plusieurs mois, le groupe Septembre noir, groupe d'activiste pro palestinien, revendique des attaques à main armée, des prises d'otages et menace l'organisation des jeux olympiques qui doit se dérouler à Munich. Ils visent particulièrement la délégation israélienne.

    L'impensable se produit. Le commando pénètre dans le village olympique de nuit et prend en otage les athlètes israéliens. La police allemande se mobilise difficilement car le problème est énorme et la logistique à mettre en place est inédite. Les tireurs d'élites sont appelés mais seul l'armée en possède.

    Finalement, ces militaires, certes très fiables mais découvrant une situation totalement inédite pour laquelle ils n'ont reçu aucun entraînement vont être dirigés par des policiers sans protocole d'intervention, plan préétabli, avec des armes faites pour la guerre mais pas pensé pour la libération d'otage.

     Attentat de Munich - La police en actionLa police n'arrive pas à obtenir de renseignement fiable sur le nombre d'otage, le nombre de terroriste. Lorsqu'elle est sur le point d'intervenir, le commando demande en plus de ces revendications, des véhicules afin de se rendre à l'aéroport militaire de Feldbruck. Ils ont l'intention d'emmener avec eux les otages, dans un avion affréter par les autorités.

     

     

     

    Attentat de Munich - L'aérodromeFinalement il est décidé de les laisser se rendre sur l'aérodrome où, pense t-on, les autorités aurons plus de place, de temps de réflexion et un environnement plus favorable à l'observation.

     La suite est dramatique. Elle se termine dans un massacre général (otages, policiers et Preneurs d'otages palestiniens tués).

     

     

    GSG9Les autorités policières allemandes tirent les enseignements de cette affaire et vont créer le GSG9 (Grenzschutzgruppe 9 – Groupe de Protection des Frontières n° 9) qui réalisera, quelques années plus tard l'intervention de Mogadiscio.

     

    La Gendarmerie Nationale commence à mesurer que les unités traditionnelles sont peu adaptées à ces nouveaux délits. Elle entreprend alors une étude visant à la création d'un groupe, extrêmement mobile, aux structures souples, spécialisés dans la lutte antiterroriste et à même de résoudre le problème épineux qui devient récurrent : Les prises d'otages.

     L'élément déclencheur sera l'affaire de l'Ambassade d'Arabie Saoudite à Paris (14 septembre 1973). Un groupe terroriste retient en otage plusieurs personnes, dont l'une se défenestrera. Le commentaire de « Docteur », l'un des terroristes : « La vie ne compte pas, souvenez-vous de Munich ». Les journalistes couvrent l’événement et donnent un échos particulièrement désagréable pour l'état.

     1973 verra sur le sol français, près de 15 prises d'otages. M. COCHARD, directeur de la Gendarmerie Nationale décide de créer un groupe d'intervention sous le sigle « Equipe Commando Régional d'Intervention ».

     2. Le choix de l'institution

     Equipe d'intervention régionalePourquoi la Gendarmerie ? Certainement parce que cette institution a une structure militaire qui lui permet de mettre sur pied, plus facilement que la police, du moins à l'époque, ce type d'unité.

    La gendarmerie possède des escadrons de gendarmerie mobile qui ont un passé militaire encore récent (Indochine, Algérie). En Indochine par exemple, la gendarmerie avait été capable de mettre sur pied une unité parachutiste, avec des succès plus qu'honorables dans la guerre menée contre le vietminh.

     

    Beaucoup de gendarmes, au sein de ces escadrons de gendarmerie mobile, avaient soit fait leur armée, soit avaient été militaires de carrière au sein d'unités d'élites (Parachutiste, Commandos marine, légionnaire, chasseurs alpins).

     La gendarmerie possédait donc les hommes et en tant qu'unité militaire, elle possédait où avait accès facilement aux moyens (Hélicoptères, armement, véhicules) avec une instruction tactique et des techniques militaires qui apparaissent efficientes face à la menace.

     V- Le GIGN

     1. La genèse

     GIGN - La brigade des missions impossiblesLe groupe est dans un premier temps scindé en deux. Le GIGN 1, cantonné à Maison-Alfort est commandé par le Lieutenant Prouteau. Le GIGN 4 est situé à Mont-de-Marsan. Le GIGN 1 intervient dans la moitié Nord de la France tandis que le GIGN 4 doit intervenir dans le Sud.

     Le GIGN 4 est formé autour de l'Escadron de Mont-De-Marsan qui a la particularité d'avoir, en son sein un certains nombre de gendarmes adepte de parachutisme (Ecole des troupes aéroportées de Pau à proximité) et possède une concentration de gendarmes particulièrement aguerris venant pour beaucoup d'entre eux, des troupes d'assaut.

     Cette séparation est théorique car le GIGN 1 va intervenir sur l'ensemble du territoire.

     En cet hiver 1973, le GIGN1 se compose de 15 hommes, structuré en trois groupes de 5 pouvant intervenir simultanément ou séparément. Les hommes sont tous volontaires et recrutés parmi les meilleurs des unités de gendarmerie mobile. Ils dépendent directement du Lieutenant Prouteau, secondé dans sa tâche par l'adjudant Claude Lepouzé.

    Ce dernier sera remplacé dans son rôle d'adjoint en 1977 par le Lieutenant Paul Barril. Lepouzé deviendra alors adjudant-chef et sera le troisième dirigeant du GIGN.

    PROUTEAU entouré de BARRIL et LEPOUZE En 1976 : Le GIGN 4 fusionne avec le GIGN 1. Ils ne forment plus qu'une unité. Christian Prouteau devient Capitaine.

     Le capitaine Prouteau, lors d'une interview explique comment le commandement de la gendarmerie lui a présenté le projet :

     « En 1973, il m'a été demandé s'il m'intéresserait de participer à la formation d'une unité capable de répondre à des prises d'otages, et de les régler. Les raisons avancées par la Direction de la Gendarmerie étaient les suivantes : Dans la presque totalité des cas et dans le cadre d'un commandement, de tels forfaits se produisent rarement. Ce n'est donc qu'exceptionnellement qu'une autorité responsable s'y trouve confrontée. Former des officiers, entre autre, pour un événement qui leur arrivera peut-être une fois dans leur carrière est difficilement concevable, d'autant qu'il faudrait pouvoir entretenir cette formation, de telle façon que l'efficacité soit à peu près garantie.

    GIGN historique En revanche, avec un élément formé de spécialistes initiés aux techniques appropriés, ayant l'habitude relative de l’événement, et prêt à être mis à la disposition des personnels en difficulté sur le terrain, les risques seraient atténués, les chances de succès considérablement accrues, et l'éventualité de voir se renouveler les drames que beaucoup ont encore en mémoire sérieusement diminuée (Interview du Capitaine Prouteau pour « l'Echo de la Gendarmerie », juillet 1976).

     

     

     

    2. Les opérations médiatisées

     Les grandes opérations du GIGN

     Mutineries en maison d’arrêt :

    Mai 1974, le GIGN intervient lors d’une mutinerie à la prison Fleury-Mérogis.

     Cette crise est vite endiguée dans un minimum de violence.

     Prises d’otage :

     Loyada* Le 3 février 1976, le GIGN collabore avec la Légion Étrangère lors de la libération d’environ 30 enfants pris en otages par des terroristes du FLCS (Front de Libération de la Côte Somalienne) à Loyada, dans la colonie française de Djibouti.

     2 Enfants, 7 terroristes et 9 soldats somaliens sont tués.

     

     

     

    * Mai 1979, le GIGN organise la libération des fonctionnaires de l’ambassade de France à San Salvador.

     Les terroristes se rendent aux autorités françaises qui acceptent en échange de les libérer au Panama.

     

    * Du 23 novembre au 5 décembre 1979, le GIGN met en place le plan d’attaque final lors de la prise de la Grande Mosquée de la Mecque.

     Vu l’ampleur de cette prise d’otage (plusieurs milliers d’otages et près de 130 terroristes), un nombre important de victime est dénombré.

     

    GIGN - La brigade des missions impossibles* Février 1980, un commando corse mené par Marcel Lorenzoni, militant nationaliste, prend en otage des clients de l’Hôtel Fesch.

     Les terroristes se rendent après des négociations avec l’équipe du Capitaine Paul Barril du GIGN.

     

     

    Ouvéa* Mai 1988, 16 gendarmes-otages sont retenus par Alphonse Dianou, indépendantiste,  et emmenés dans une grotte près de la tribu de Gossanah en Nouvelle-Calédonie.  Le GIGN intervient lors d’une attaque surprise.

     2 militaires de la DGSE ainsi que 19 indépendantistes kanaks sont tués lors de la libération des otages. Des membres du FLNKS d'autres indépendantistes accuseront les forces de l'ordre d'avoir « laissé mourir volontairement » ou « exécuté sommairement » certains preneurs d’otages après l’assaut.

     

    Le Ponant* Le 11 avril, le plan Piratmer est déclenché lors de la prise d’otage du Ponant, voilier de luxe naviguant au large de la Somalie. « L’opération Thalathine » s’organise.

     Deux équipes du GIGN sont mises en place. L’une négocie avec les preneurs d’otage depuis la France et l’autre, menée par le Colonel Denis Favier, se font parachuter en pleine mer, de nuit, à proximité du voilier. Durant plusieurs heures, ils vont pouvoir renseigner sur le nombre exacte de preneur d'otage et permettre d'appréhender la difficulté d'un assaut.

    Finalement une rançon sera payé par l'armateur et remis par des membres du GIGN et des Commandos marine. Les otages sont libérés immédiatement puis, après le comptage de l'argent, les preneurs d'otage somalien libèrent le capitaine qui sautera en pleine mer et sera récupéré par la marine.

    C'est le déclenchement de l'opération. Les preneurs d'otages sont pris en filature par les « Atlantiques » de la marine. Les groupes du GIGN et des commandos marine font mouvement afin de prendre dans une nasse les somaliens. Finalement, une grosse partie de la rançon sera récupéré, une partie des preneurs d'otage seront interpellés et 30 otages libérés.

      Détournements :

     * Septembre 1976, 5 terroristes croates anti-titistes détournent un Boeing 747 de la TWA.

     Après les négociations entreprises avec le GIGN, les terroristes se rendent et les 49 otages sont libérés.

     

    * Septembre 1977, Jacques Robert détourne un vol Paris-Lyon. 94 otages, dont le Député Lucien Neuwirth et l’ancien ministre Philippe Malaud, sont retenus depuis 7 heures.

     Après l’assaut du GIGN et de la Brigade anti-gang, 1 passager est tué, 4 sont blessés (dont un grièvement) et le preneur d’otage se rend.

     

    * Mai 1981, un pirate de l’air détourne un avion afin d’obliger le pape à révéler le « troisième secret de Fatima ».

     Le forcené sera maîtrisé à mains nues lors d’un assaut-surprise.

     

    Marignane* Décembre 1994, 4 terroristes membres du GIA (Groupe Islamique Armé) prennent en otage les passagers du Vol AF8969 reliant Alger à Paris. Leur objectif était de faire exploser l’avion en pleine vol et ou de le faire s’écraser sur un monument comme la Tour Eiffel. Le GIGN donnera l’assaut sur l’aéroport de Marignane.

     Les 4 terroristes seront tués et les otages seront sauvés. La libération, filmée par toutes les télévisions, met le GIGN sous les feux de la rampe grâce au nombre très limité de victimes (De légères blessures pour les otages et des blessés dans les rangs du GIGN).

     

    * Le 27 septembre 2005, des marins syndicalistes du STC (Syndicat des Travailleurs Corse) détournent le plus grand navire de la flotte de la SNCM : le Pascal Paoli.

     Le Commando Hubert et le GIGN organise une opération d’abordage héliporté et reprennent le contrôle du bateau.

     

    Maitrise d’un forcené :

     * Chelles, en avril 1982, un homme surarmé se retranche chez lui. Après avoir tiré plus de 2000 cartouches en une journée, le Commandant Prouteau comprend très vite que le forcené cherche à défier le GIGN.

     Profitant du relâchement de l’homme, un gendarme arrive à le maîtriser à mains nues et l’arrête.

     

    * Le 23 juin 1997, maîtrise d’un forcené à Valaurie (Drôme)

     Jean-Louis Prianon, un membre du GIGN, est tué

     

    * Le 19 janvier 2007, le GIGN intervient à Gensac-sur-Garonne où un forcené s’est retranché chez Lui.

     2 gendarmes sont blessés et le maréchal des logis chef Frédéric Mortier, 35 ans est tué.

     

    Antiterrorisme :

     

    * Septembre 1995, le GIGN apporte son aide à l’EPIGN (Escadron Parachutiste d'Intervention de la Gendarmerie Nationale) dans la traque de Khaled Kelkal - terroriste algérien, membre du GIA et responsable de la vague d’attentats commis en France pendant l’été de cette même année. Ils seront rappelés pour une autre opération.

     

    L’EPIGN abattra le terroriste, alors qu'ils étaient sur le point de l'interpeller. La découverte de l'individu s'étant faite en quelques secondes, les gendarmes n'ont pas eu le temps de revêtir leurs gilets pare-balles. Le terroriste, alors qu'il se trouve au sol, prés d'un abris bus, blessé à la jambe, sort une arme de poing et l'a dirige en direction des gendarmes qui s'approchent. Avertis par leurs camarades, ils abattent le terroriste.

     

    * Le 29 septembre 1995, le GIGN participe à l’opération Azalée aux Comores (opération militaire française visant à soumettre le mercenaire français Bob Denard)

     Le 6 octobre, Bob Denard accompagné de ses mercenaires se rendent aux gendarmes du GIGN.

     

    3. La fin d'une époque

     Au départ de Prouteau, Barril et Lepouzé, la plupart des hommes du GIGN historique de départ, prennent également leur retraite. Une page se tourne. La page de l'aventure, de la création, de la découverte, la sensation d'être la référence mondiale et sans réel moyens, du moins sans commune mesure avec les moyens mis à disposition aujourd'hui.

     Derrière la création du GIGN, se sont mis en place, le GSG9 allemand, les cobras du GEK autrichien, le GEO espagnol, le GIS et NOCS italiens, les SAS britanniques qui vont se spécialiser dans l’antiterrorisme, les Delta Force américain....

     Bref, la France n'est plus seule sur le marché. Afin de rester la référence, le GIGN doit se réformer.

     De plus d'autres unités françaises se sont considérablement renforcées depuis quelques années pour la lutte antiterroriste comme, le RAID ou les commandos marines (Trépel).

     

    4. La première mutation

     Réorganisé depuis le 1er septembre 2007, le GIGN regroupe aujourd’hui tous les hommes de l’ancien Groupe de Sécurité et d’Intervention de la présidence de la République et l'EPIGN (GSIGN). L'ancien GSPR apporte son expertise dans le domaine de la protection de personnalités et l'EPIGN amène sa compétence en matière d'observation et de recherche du renseignement (GOR).

    Le GIGN entre également au sein des Forces Spéciales, avec la possibilité d'intervention au coté du 13ème RDP, des Commandos marine et du 1er RPIMa. L'appui aérien étant constitué du 4ème RHC (Régiment d'hélicoptères de combat).

     

    Les missions du GIGN aujourd'hui :

     Le GIGN intervient sur de nombreuses missions telles que :

     - Les missions d’antiterrorisme :

     - Les détournements d’avion (Piratair)

     - Les détournements ou attaques de navire (Piratmer)

     - Les attaques nucléaires (Piratome)

     - Les attaques chimiques ou biologiques (Piratox)

     - Les prises d’otages de ressortissants français à l’étranger (Piratext)

     La répartition des autres missions (telles que les prises d’otages) peut se faire entre le GIGN et le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion).

     En théorie, le Raid ne peut intervenir que sur les zones de police nationale alors que le GIGN peut intervenir sur l’ensemble du territoire Français, y compris les DOM-TOM. Depuis l'attentat du Bataclan, c'est l'institution (Police ou Gendarmerie) à l'origine de la prise en charge de l'appel qui va gérer la direction des opérations. Toutes les unités d'élites peuvent donc être mise à contribution, quel que soit la zone géographique.

     Les interventions diverses : les neutralisations de forcenés ou les arrestations de personnes dangereuses et armées.

     La Force de Sécurité et de Protection (FSP) qui assure la protection des hautes personnalités françaises ou étrangères ainsi que des diplomates en poste dans des pays à risques. De plus, cette force assure la mise en sécurité des sites lors des événements majeurs.

     Enfin, le GIGN assure également la formation de troupes d’élites étrangères.

     Pour permettre la réalisation de toutes ses missions, les membres du GIGN, qui doivent avoir intégré la gendarmerie avant leur entrée dans l’unité d’élite et avoir moins de 32 ans, s’entraînent quotidiennement dans des conditions extrêmes.

     Chaque entraînement les amène vers de très nombreuses situations à risques afin de parer à tous les appels de départ en mission. Ainsi, il y a eu, à ce jour, plus de décès lors des entraînements que lors des missions.

     

    VI- Les hommes ayant dirigés le GIGN

     10 officiers se sont succédés aux commandes du GIGN :

     

    Le Lieutenant Christian Prouteau (1973 – 1982)

     Le Capitaine Paul Barril (intérim de 1982 – 1983)

     Le Capitaine Philippe Masselin (1983 – 1985)

     Le Capitaine Philippe Legorjus (1985 – 1989)

     Le Chef d’Escadron Lionel Chesneau (1989 – 1992)

     Le Capitaine Denis Favier (1992 – 1997)

     Le Chef d’Escadron Eric Gerard (1997 – 2002)

     Le Lieutenant-Colonel Frédéric Gallois (2002 – 2007)

     Le Colonel Denis Favier (2007 – 2011)

     Général Thierry Orosco (Depuis 2011)

     

    Recrutement :

     Régulièrement, chaque année, le GIGN transmet un message à toutes les unités de la gendarmerie. Tous gendarmes (à partir du grade de gendarme de carrière) entrant dans le cadre du message peut se présenter aux présélections.

    Ensuite, la sélection « naturelle » fait son travail.

    Suite aux présélections, le futur GI Man va être testé durant plusieurs mois et peut être renvoyé dans son unité s'il ne fait pas « la maille ». Enfin, au bout d'une année (Présélection, sélection, observation) il est déclaré opérationnel et intégré au sein du GIGN.

     

    GIGN - La brigade des missions impossibles

    Devise du GIGN : Sauver des vies au mépris de la sienne.

     

     

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