• Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéIntroduction

    La deuxième guerre mondiale a été l'objet d'un tas de vie atypique, émanant d'aventuriers de tous poils. Les histoires rocambolesques sont légions. Celle de Robert Maloubier est digne d'un roman d'espionnage mais étayée par des faits. Robert Maloubier dit "Bob" est un aventurier, doublé d'un patriote, doté d'un sens aiguë de l'observation et  visionnaire dans l'action clandestine.

    Toutes ces qualités, dans une époque mouvementée où la prise de risque est plutôt privilégié, vont immanquablement mettre Robert Maloubier dans les rouages de l'histoire. Après, il faut survivre et là, c'est l'intelligence qui va parler. Généralement, ces personnages s'éteignent après la guerre. Bob lui va poursuivre sa carrière et être déterminant, après les batailles, dans le développement de l'action clandestine, en tant de paix. Cette vie, entièrement tourné vers l'action fait, de Bob Maloubier, un personnage atypique mais également incontournable dans l'histoire de notre pays.

     

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéRobert Maloubier, dit "Bob", est naît le 02 février 1923 à Neuilly-sur-seine. Il est le fils d'Eugène Maloubier, engagé en 1914 et affecté à l'état-major du général Haig, commandant du corps expéditionnaire britannique, comme interprète. Sa mère, Henriette, est franc-comtoise. Il a un frère aîné, Jacques, né en 1920.

    Bob fait ses études au Lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine. Il est membre de l'équipe de natation du Racing Club de France. En 1940, la guerre le surprend alors qu'il se prépare pour passer son baccalauréat. Les épreuves étant reportées, en juin 1940, il décide de quitter Paris avant l'arrivée des Allemands. Son souhait est de rejoindre le Général De Gaulle. Son voyage le fait passer par Bordeaux, Saint Jean de Luz puis Marseille. Là il échoue dans sa tentative. A partir de ce jour là, sa vie va devenir un véritable roman.

     

    En décembre 1940, il embrasse ses parents et repart en direction de Marseille. Il passe par Royat et rencontre le Colonel Emilie Bonotaux. Ce dernier se méfie de De Gaulle. Aussi il conseille à Bob Maloubier de rejoindre l'Afrique. En janvier 1941, Bob s'enrôle dans l'aviation de l'armée d'armistice. Dans son esprit, une fois au manche d'un appareil, il mettra le cap en direction de Gibraltar ou Malte. Problème, l'armée de l'air à trop de pilotes et pas assez d'avions. Alors il est affecté à la garde de la base aérienne de Bizerte, en Tunisie.

    Le 08 novembre 1942, il a 19 ans. Il est à Bizerte lorsque les Allemands encerclent la base. Cela fait deux fois que Bob se fait rattraper par l'envahisseur. Alors, avec un camarade Henri Silhol, il part, sur un vélo, en direction de l'Algérie. Là, ils rejoignent des soldats britanniques, fraîchement débarqués lors de l'opération Torch. Suite à l'assassinat de DARLAN, par l'un de leurs amis, Fernand Bonnier de la Chapelle, ils sont recrutés comme agents secrets du SOE (Spécial Opération Exécutive) par Jacques Vaillant de Guélis.

     

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéLe SOE est le service secret des Britanniques, chargé de mener des opérations de guérilla, sur le sol des pays tenus par les Allemands. Le SOE va déployer, à coups d'attentats, une lutte asymétrique, pour obliger les Allemands à maintenir des troupes loin des zones de combats. Ce service est l'adversaire viscéral du BCRA (Bureau Central de Renseignements et d'Actions) qui est le service secret du Général De Gaulle et qui deviendra plus tard, le SDECE (Service de Documentation Extérieur et de Contre Espionnage), puis la DGSE (Direction Générale des Services Extérieurs).

      

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéLe SOE va utiliser jusqu'à 350 agents français sur les 13000 personnes qui composent le service. S'est d'ailleurs ce que reproche De Gaulle, aux Britanniques, à savoir que les agents étrangers sont utilisés dans les tâches les plus dangereuses, alors que les employés anglais restent à Londre. Les agents du SOE fonctionnent par groupe de trois agents - Un spécialiste des explosifs - Une spécialiste en charge des liaisons radio et un chef de groupe. La mission : Faire dérailler des trains, sauter des ponts, détruire des usines, coordonnées des actions avec la résistance, désorganiser la logistique ennemie, entretenir la désinformation et le sentiment de danger permanent ...

     

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéEn cet été 1943, le débarquement se prépare. Tout le monde le sait mais le lieu n'est pas encore défini. Il faut affaiblir les fortifications du mur de l'Atlantique. Bob reçoit par radio clandestine le nom des cibles industrielles qu'il doit viser : Une usine qui fabrique des pièces de train d’atterrissage, une autre qui fournit l'électricité de la zone industrielle de Rouen et - son plus beau coup - détruire un navire ravitailleur de sous-marins au Havre.

    "J'ai fourni l'explosif à un de mes gars qui travaillait au port, il l'a mis dans la soute et le lendemain, on ne voyait plus que le drapeau du navire qui sortait de l'eau" explique t-il avec son flegme et son humilité légendaire. Durant 5 mois, Bob Maloubier tisse son réseau en France et s'est déjà une longévité exceptionnelle car le durée de vie d'un agent du SOE, en mission est de 6 semaines.

    Le 07 juin 1944, Bob Maloubier, après plusieurs missions toutes plus rocambolesques les unes que les autres, s'envolent d'Angleterre avec une équipe. Destination : Le Limousin - Objectif : Saboter la remontée de la redoutable Division Das Reich qui va faire mouvement sur la Normandie. A raison de deux ponts par nuit, Bob et son équipe vont ralentir la progression de cette unité et principalement par les itinéraires ferroviaires empruntés par les unités lourdes de cette unité.

     

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majesté"Je faisais sauter les ponts la nuit. Les Allemands venaient, ils réparaient, se retiraient.... et je recommençais la nuit d'après..." Au total, la 2ème SS Panzer Division Das Reich mettra 15 jours pour rejoindre le front. Les exploits du SOE ont paralysés les troupes Allemandes durant les trois premières semaines du débarquement. Pourtant, ces héros ont été passés sous silence. De Gaulle ne voulait pas en entendre parler. La Résistance, dirigée par ses services (Le BCRA de Jacques Soustelle), devait être la seule à recevoir les lauriers de ces succès.

     

     En 1945, Bob Maloubier va intégrer la force 136 (Unité britannique de guérilla anti-Japonaise). En août, il est parachuté au Laos et il est fait prisonnier par les Japonais, juste à la fin de la guerre. Libéré, son profil de saboteur, dynamiteur et tireur d'élite lui permet d'entrer dans les services de renseignements Français naissant. Il y restera 15 ans.

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéDurant la guerre, il avait été chargé d'enquêter sur le raid des nageurs de combat Italiens qui avaient menés une opération de sabotage de bâtiments de la Navy, dans le port d'Alexandrie, avec un certain succès. Il avait été impressionné par le système de respiration sans bulle, le matériel de transport sous-marin et la tactique de pénétration dans le port par le découpage des filets anti-sous-marins et l'utilisation de mines magnétiques à charge creuse. Aussi il va amener cette expérience au sein du services Action du SDECE et mettre en place l'unité de nageurs de combat qui s'implantera à Aspretto (Corse). Cette unité sera également à l'origine du Commando Hubert spécialisé dans le combat subaquatique et qui reprendra le flambeau des opérations subaquatiques de la DGSE, après le fiasco du Raimbow Warrior et la dissolution des nageurs de combat.

     

    Robert Maloubier dit Bob - L'espion Français au service de sa majestéBob Maloubier décède le 21 avril 2015. Son épopée est pratiquement passé inaperçue en France mais, Outre-Manche,  il fait parti de l'histoire avec un grand "H" des services secrets Britanniques. Ce qui agace un peu les anglais, c'est que James Bond est un roman, une fiction, mais le vrai James Bond est un Français. Il s'appelait Bob Maloubier et il a été, durant la deuxième guerre mondiale, l'espion Français 001, au service de sa majesté.

     

     

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  • Roger Vandenberghe - Le pirate du DeltaNé le 26 octobre 1927 à Paris, Roger Vandenberghe est pupille de l'assistance publique. Il prend une part active durant la guerre 1939-1945, d'abord comme résistant (Dès l'âge de 15 ans), puis comme combattant FFI au sein du Corps Francs Pommiès avec lequel il combattra en Alsace, en Forêt Noire où il recevra sa première blessure dû à une mine, puis en Allemagne avec la 1ère Armée Française.

    Surnommé "Vanden", il rejoindra l'Indochine dès la fin des hostilités. Ayant un coup de cœur pour ce pays et principalement pour le Tonkin, il va tout faire pour participer aux combats les plus durs. A ce titre il va constituer un commando pour lequel il va lui-même recruter les combattants chez les autochtones mais également, au sein des prisonniers Viêt-minh. Avec son groupe, le Commando 24 appelé "Les Tigres Noirs", car habillés comme les paysans du Tonkin, il met en place une tactique de guérilla qu'il emprunte à son ennemi. Durant des jours, habillé comme eux, il grenouille sur les arrières du Viêt-minh en frappant violemment puis en disparaissant tout aussi rapidement.

    Le 06 janvier 1948, son frère aîné est tué à Ha Dong lors d'un assaut. Ce deuil va le priver de toute famille de sang et sera probablement la principale source de sa motivation dans ses futurs combats.

    L'un de ses faits d'armes dénote d'une témérité exceptionnelle.

    Sachant que sa tête a été mis à prix, encadré par certains de ses hommes, il se livre lui-même afin de toucher la prime. Ses hommes, ayant récupérer cet argent, alors qu'il se trouve devant les officiers de l'état-major du Régiment 46, tous hilares et fiers d'avoir en face d'eux "Le tigre noir" tant recherché, il massacre l'ensemble des soldats qui se trouvent autour de lui, décapitant ainsi le régiment 46. Il parvient à s'exfiltrer avec ses hommes et partagera la prime entre eux.

    Lors de son séjour en Indochine (1947-1952), sa témérité va lui valoir certes, des décorations mais également une liste impressionnante de blessures.

    Roger Vandenberghe - Le pirate du DeltaLe 23 octobre 1947 (Chiêm Hoa), blessure par éclats de grenade à la cuisse droite, le 21 février 1948 (Phuang-Khang), blessure par balles à la cuisse droite. Suite à ces faits il est nommé sous-officier le 1er avril 1948. Il est de nouveau blessé le 12 janvier 1949 (Lang Dieu) par l'explosion d'une mine à la cuisse gauche, puis le 18 février 1949 (Day Dinh) blessure par balle au thorax, le 12 février 1951 (Van Cuu) par balles à la cuisse droite, le 30 mai 1951 (Ninh Binh par balles aux deux jambes puis enfin le 16 septembre 1951 (Nam Huan) à la cuisse gauche.

    Cette témérité lui vaut également la reconnaissance militaire. A 24 ans, il est titulaire de la Légion d'honneur (28 février 1949), La Médaille Militaire (6 décembre 1948), la Croix de Guerre 1939-1945 avec 1 citation et la Croix de guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures avec 14 citations. C'est le sous-officier le plus décoré de France.

    Le Général Jean De Lattre de Tassigny a dit de Roger Vandenberghe : "Donnez moi 100 Vandenberghe et je garde l'Indochine".

    Suite à sa dernière blessure, à peine sur pied, il reprendra ses opérations. Il sera à l'avant garde de la reconquête d'Hoa Binh au mois de novembre 1951. Devant autant de courage et de chance, le Viêt-minh a décidé de se focaliser sur son élimination. Ce qu'ils n'ont pu obtenir au combat, ils vont l'obtenir par la ruse et la trahison.

    Roger Vandenberghe - Le pirate du DeltaRoger Vandenberghe sera assassiné par le sous-lieutenant Nguien Tinh Khoï (ancien commandant de l'unité d'assaut du régiment 36 de la brigade 308 du Viêt-minh, capturé lors de la bataille du Day en 1951) dans son propre poste de Nam Dinh, le 05 janvier 1952, 4 ans jour pour jour après son frère. Il mourra solitaire, comme il avait vécu, à quelques heures de la mort de celui qu'il avait tant admiré, le Général De Lattre de Tassigny.

    Roger Vandenberghe sera élevé au grade d'adjudant-chef.

    De lui, certain on écrit qu'il était un aventurier, une bête de guerre. C'est à la fois plus simple et plus glorieux : C'était un soldat qui voulait libre, la terre qu'il s'était choisie pour patrie.

    Sa tombe porte le numéro 263 au cimetière de Nam-Dinh.

     

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    Bibliographie

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    Revue "Troupes d'Elite" Edition ATLAS - Recherche de renseignements sur divers forums.

     

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